S’il est un métier inspirant par excellence, c’est celui d’infirmier-ère (enfin infirmière, mais également aide-soignante et plus globalement tous les métiers autour du soin). Quelle belle vocation que d’œuvrer à la santé des autres et de « dispenser des soins de nature préventive, curative ou palliative pour promouvoir, maintenir et restaurer la santé des patients » (si l’on en croit la définition qu’en fait l’Onisep).

Une bonne raison de se lever le matin, non ?!

Or, et c’est peu de le dire, ce métier est en crise depuis de (trop) nombreuses années…

Les causes de ce désamour ?

Essentiellement un manque cruel de moyens et un métier qui s’éloigne de plus en plus de la vocation initiale et des valeurs associées à cette activité de soin (avec notamment des attentes en termes de rentabilité qui ne permettent plus de prendre le temps de la relation d’aide).

Ou du moins, c’est ce que je croyais.

Et puis, en échangeant avec des infirmières de la famille Cuisine Thérapie© (elles sont quelques-unes à avoir fait le choix de donner une nouvelle dimension à leur métier en rejoignant la communauté Cuisine Thérapie©), j’ai entre-aperçu d’autres causes.

Charge de travail, manque de personnel et de reconnaissance

Voici ce qu’en dit Gaëlle, infirmière depuis presque 20 ans.

« Je me questionne souvent sur les raisons de l’interruption précoce de leur carrière par les infirmières. C’est indiscutablement lié à la charge de travail, au manque de personnel, de reconnaissance.

Mais je pense que la relation entre l’aidant et l’aidé peut également être compliquée, par manque de compétences en matière de gestion des situations difficiles.

À l’école d’infirmières, j’ai appris une posture de soignant (un savoir-faire essentiellement), mais il ne me semble pas avoir appris ce qu’étaient réellement l’écoute et la reformulation, des savoir-être pourtant indispensables au métier d’aidant ».

Sans compter que « en tant que soignant, nous encaissons beaucoup de choses, en fonction des situations, et je n’ai pour ma part jamais rencontré de moments dédiés à la supervision, au débriefing de situations difficiles voire traumatiques ».

Isolement, manque de préparation au métier d’aidant…

C’est ce que semblent rapporter beaucoup d’infirmières : elles ont la sensation d’être des techniciennes du soin, attendues sur des résultats tangibles et quantifiables, mais ne sentent pas légitimes dans le métier de la relation d’aide, voire se sentent carrément démunies face à certaines souffrances.

A tel point que beaucoup d’infirmières qui rejoignent la formation ne considèrent même pas qu’elles sont DEJA dans la relation d’aide, un comble !

Et pourtant, si l’on en revient à la définition de ce métier selon l’OMS, à savoir le fait « d’aider les individus, les familles et les groupes à déterminer et réaliser leur plein potentiel physique, mental et social », cela parait incroyable d’être censé(e) aider mais sans être formé(e) à la relation d’aide !

Apprendre a écouter, pour mieux aider

Un paradoxe qui a permis à Gaëlle de comprendre les limites dans l’exercice de son métier d’infirmière.

« C’est fatiguant de devoir savoir pour l’autre ! C’est souvent une attente du soigné, qui a besoin de guérir ou d’aller mieux grâce à la main de l’autre, et espère conseils, recommandations, voire prescriptions.

J’ai appris dans la formation Cuisine Thérapie© que l’on ne sait pas pour l’autre et qu’offrir une écoute véritable, sans chercher à lui donner des réponses, est souvent un cadeau inestimable.

Cela m’a permis de prendre du recul par rapport à mon métier d’infirmière et d’éviter de me retrouver dans une situation de maternage, parfois oppressante, et de rendre à l’autre son autonomie dans son processus de guérison. »

Je suis curieuse de savoir ce que vous pensez de tout cela…. N’hésitez pas à me le partager dans les commentaires, les aides-soignantes et infirmières de la Cuisine Thérapie© et moi nous ferons un plaisir de vous lire et de vous répondre.

Praticien Cuisine Thérapie :

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