Cuisine thérapie - Cuisine et développement personnel

Une tomate pour parler de vulnérabilité ?

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Pour vous permettre de mieux cerner ce qu’il se passe dans un atelier Papilles Créatives, et surtout en quoi la cuisine peut être thérapeutique, j’ai souhaité donner la parole aux clients et les laisser vous raconter ce qu’ils y ont vécu. On démarre avec A. qui a participé à un atelier Papilles Créatives et a bien voulu nous parler du plat qu’elle a réalisé.

“Cet atelier a été salvateur : j’en suis ressortie hyper joyeuse et calme. J’ai pu exprimer mes sentiments, mon humeur du moment, et surtout mes envies sans jugement intrinsèque. C’est extrêmement rafraîchissant ! Il s’agissait d’exprimer une émotion ou une sensation avec une courgette ce jour-là (contrairement à ce que laisse présager la 1ère photo d’ailleurs !). Si je devais donner un titre au plat que j’ai réalisé, ce serait « Fragile ». La tomate ronde et lisse, c’est un masque de façade. J’apparais comme quelqu’un d’énergique, un peu brut de décoffrage, sous des dehors sauvages et parfois trop directs. Mais en fait, et c’est ce que dit la 2ème photo, il y a plein de choses sensibles à l’intérieur, de la complexité et de la tourmente (la tomate est en fait farcie avec des courgettes donc mais aussi du fromage, des radis, du pesto). C’est une partie de moi que je ne montre jamais et que je ne révèle qu’à mes amis car cela relève de l’intime et je crois que ça pourrait s’effondrer si tout le monde y avait accès”.

Ici la cuisine a permis de verbaliser une différence entre ce qu’on montre de soi aux autres (cette fameuse zone publique) et ce qu’on garde caché pour soi et qu’on réserve à notre garde rapprochée, notre cercle d’intimes. Nous avons tous, à des degrés divers, ce masque de façade, et heureusement d’ailleurs ! Nous ne sommes pas monolithiques et nous ajustons ce que nous montrons de nous au contexte et aux personnes en face de nous. Et dans bien des cas, ne donner à voir qu’une facette de soi est aidant et utile pour vivre en société. Ce qui compte finalement, c’est d’être conscient de cette partie de soi délibérément cachée aux autres, d’en connaître les zones d’ombre et de lumière pour pouvoir les assumer pleinement. Pour pouvoir décider aussi en pleine conscience dans quelles situations et auprès de quelles personnes je souhaite être authentique dans ce que je livre de moi. Prendre conscience de son masque et de son utilité permet donc de se mettre en position de choix, d’interroger son fonctionnement et de se libérer de ses automatismes dans son rapport aux autres. La clé de l’autonomie relationnelle en somme.

Grand moment d’émotion donc que ce partage authentique et sincère. Au-delà de la créativité culinaire, la mise en mots et le processus de symbolisation qu’a expérimenté A. viennent prouver, s’il en était besoin, à quel point la cuisine peut être métaphorique et révéler des choses de soi.

Interroger sa relation à la cuisine pour mieux se connaître ?

Cuisiner, un acte banal ? Peut-être mais aussi une occasion de mieux se connaître !