Cuisine thérapie - Cuisine et développement personnel

Carottes et besoin de cocooning

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On continue les témoignages clients avec S. venue pour un 1er atelier Papilles Créatives, qui a accepté de nous parler du plat qu’elle a réalisé.

 « Pour le 2ème plat à réaliser, l’improvisation sur la base d’une sensation est venue facilement : j’avais envie d’être sous mon plaid. Je voulais quelque chose d’enveloppant avec les feuilles d’épinard et les tranches de jambon qui servent de protection. Quelque chose de cuit aussi parce que le cru, c’est agressif, d’où cet œuf mollet qui me représente, qui coule quand on le mange. Les carottes sont biseautées car c’est comme ça que je me vois, je suis en biais, je ne sais pas tenir une ligne de conduite. La coupelle avec les angles qui remontaient un peu convenait bien de par sa forme, je ne me suis pas sentie emmitouflée, cachée ou recroquevillée, car je suis quelqu’un d’ouvert, mais j’ai l’impression d’être comme dans un cocon. Ce plat correspond à ce que je ressens en ce moment, je rêve de le terminer ce marathon et d’arrêter de courir tous les jours. Je rêve de thalasso, d’avoir du temps pour moi. »

Ici les carottes ont donc permis à S. de toucher du doigt ou plutôt de matérialiser son envie de ralentir et de s’accorder du temps pour elle. A l’évidence, ce besoin avait d’ores et déjà été identifié, compte tenu de l’emploi du temps surchargé de S. et de sa fatigue chronique, mais le poser en séance et l’exprimer avec des ingrédients, a fortiori devant d’autres personnes, permet de donner plus de visibilité et plus de poids à ce besoin fondamental. Bien souvent, c’est lorsqu’on dépasse le stade du langage,  stade éminemment mental, pour incarner son ressenti dans la matière que des changements commencent à opérer. Passer par une activité manuelle telle que la cuisine (mais aussi les arts plastiques) aide à conscientiser et à mettre en mots grâce au processus de symbolisation, mais c’est aussi utile pour préciser et affiner son besoin. Par l’activité culinaire, S. prend en effet conscience qu’elle n’a pas envie de s’isoler ou de se replier sur elle-même (ce qui du reste ne correspondrait pas à son tempérament ouvert), mais qu’elle a surtout besoin de cocooning, de confort douillet chez elle, d’une pause de douceur en quelque sorte. Cette prise de conscience est indispensable car c’est désormais sur la base de cette attente clairement identifiée que S. peut imaginer quand et comment répondre à son besoin.  Quitte à accepter que cette satisfaction soit différée dans le temps afin de la préparer la mieux possible.

Finalement, quelques ingrédients suffisent pour prendre rendez-vous avec soi…. la cuisine bien-être n’a jamais si bien porté son nom !

Interroger sa relation à la cuisine pour mieux se connaître ?

Cuisiner, un acte banal ? Peut-être mais aussi une occasion de mieux se connaître !