Monastère de Solan - pause pour se déconnecter - activités de bénévolat

Une pause au Monastère de Solan

Tout bien ressenti

Me voilà de retour à Paris après quelques jours de vacances ressourçantes (mais pas vraiment reposantes !) au Monastère de Solan, à proximité d’Avignon. Une quinzaine de sœurs orthodoxes y accueillent des bénévoles et leur offrent le gîte et le couvert en échange de leur aide dans les divers travaux que nécessite leur domaine de 40 hectares de forêt et 20 hectares de terres cultivables. Ces vacances, je les ai décidées à la dernière minute, sans trop y réfléchir, ni les anticiper, car je ressentais la nécessité urgente de m’arrêter pour décompresser (sans pour autant avoir pris le temps de prévoir et organiser un temps de pause, je ne suis pas à un paradoxe près !).

Le moins que je puisse dire, c’est que la déconnexion a été totale grâce au travail manuel d’une part, et à l’absence matérielle de temps (et de Wi-Fi !) pour travailler d’autre part. Les activités ont été diverses et quasi ininterrompues (force est de constater que les sœurs ne s’arrêtent jamais, une vraie ruche !) : cueillette (figues, pommes, noisettes, sarriette, blettes, haricots verts, tomates…), vendanges, pluche et préparations culinaires diverses (tomates séchées) voire mise en bouteilles des coulis de tomates. Et last but not least, pour une gourmande comme moi, ces quelques jours ont aussi été un festival de saveurs, avec des repas généreux (voire trop copieux, je ne suis plus habituée au goûter moi !), végétariens ou vegan et très loin de l’image austère qu’on peut s’en faire. Je valide d’ailleurs à 100% le point de vue de l’ami qui m’avait conseillée cette destination, il s’agit du « meilleur repas en communauté » que j’ai eu la chance de goûter jusque-là !

Au-delà, ces quelques jours m’ont permis de / d’ :

  Satisfaire ma curiosité et ma soif de découvrir de nouvelles choses (je n’avais pas eu l’occasion d’explorer mes talents de jardinière jusque-là, même si je sens bien depuis quelques années que le sujet m’interpelle). Rien de bien compliqué en fait, tant que l’on écoute docilement les consignes et que l’envie de bien faire (et de faire tout court !) est là.

   Confirmer mes appétences et en apprendre un peu plus sur mes façons de faire (déformation professionnelle oblige, il m’est difficile de ne pas porter un regard attentif sur moi….). Je me suis notamment rendue compte que j’aime quand les choses avancent et produisent un résultat, et que je ne suis pas du tout patiente quand il s’agit d’être perfectionniste à la recherche du moindre haricot vert caché sous le buisson. A l’inverse, je ne rechigne pas à passer du temps, accroupie au sol pour ramasser les noisettes ou les yeux dans les branches à scruter les figues mûres. A fortiori si j’ai le droit de le faire à mon rythme. Plein de confirmations personnelles en somme !

   Lâcher prise et faire confiance à ce qui arrive ! Pour être honnête, j’étais initialement un peu déçue de ne pas avoir de chambre dans l’enceinte du monastère et d’être reléguée dans une maison du village à 3 kms. Au-delà de la contrainte d’être dépendante de quelqu’un pour être véhiculée, cette frustration réveillait ma peur enfantine d’être tenue à l’écart, de rater quelque chose, de ne pas prendre part autant que les autres bénévoles à l’esprit du monastère…. Evidemment, il n’en a rien été et cette localisation a au final permis de bien belles rencontres (tant avec la bénévole qui partageait mon sort qu’avec les tenanciers du bistrot du village qui nous accueillaient à bras ouverts tous les soirs !). Bref, une bonne piqûre de rappel sur le fait que tout ce qui nous arrive est juste et que la conformité avec les autres n’est pas forcément un gage de bonheur !

  Apprendre ou réapprendre la vie en communauté et toutes ces règles implicites et explicites, ces codes inhabituels qui se découvrent grâce à une observation patiente et attentive de ce qui nous entoure. Regarder comment font ces Autres si différents pour voir ce qu’il est de bon ton de reproduire (le silence pendant les repas, le port de vêtements couvrants, y compris pendant les travaux), mais aussi s’autoriser à décider en fonction de ses besoins personnels, tout en restant bien évidemment juste par rapport au fonctionnement du groupe. C’est ainsi que j’ai préféré ne pas participer aux offices et fait le choix de travailler le dimanche, alors que le monastère tourne au ralenti ce jour-là.

   Me sentir utile : ces quelques jours au monastère de Solan m’ont donné la sensation de contribuer à une communauté, et plus largement à une philosophie de vie qui me parle de plus en plus. Les sœurs ont en effet fait le choix de l’agroécologie, sur les conseils de Pierre Rabhi, et ont dès le départ mis en œuvre un projet de valorisation des terres en partant des ressources existantes. Elles souhaitent obtenir le maximum d’autonomie alimentaire, en protégeant la nature et sa biodiversité, sont sensibilisées au principe de permaculture et portent une attention particulière à la lutte contre le gaspillage. Forcément inspirantes dans leur engagement écologique, ce fut un plaisir d’apporter modestement ma pierre à leur édifice, et de me sentir englobée dans ce Tout plus grand que soi.

   Me sentir accueillie, et je pense pouvoir dire que ce fut le cas pour tous les bénévoles, quelles que soient nos compétences en jardinage ou nos convictions religieuses. Alors que nous étions tous différents, dans nos parcours, nos rythmes (ceux qui font du zèle, ceux qui sont dans une sorte de torpeur !) mais aussi nos croyances (certains d’entre nous étaient vraiment imprégnés de leur religion, d’autres plus dilettantes voire carrément athées). Et pourtant, les rencontres ont été riches et authentiques et les échanges respectueux, bienveillants et fructueux. Inspirante leçon de vie !

 Me sentir guidée et prise en charge : à Solan, j’avais juste besoin d’obtempérer, de suivre une consigne, je n’étais pas censée prendre de décisions ou faire preuve d’initiatives…. Ce qui est, je l’avoue, très reposant quand on est entrepreneur !

   Avoir du temps pour me reconnecter à moi et être en tête-à-tête avec la nature. Je me souviens notamment de cueillettes réalisées dans le plus grand calme, chacun dans ses rêveries, contemplations, méditations ou prières respectives. Un rythme qui me convient décidément très bien.

Bref, vous l’aurez compris, je reviens ré-énergisée et gonflée à bloc, émerveillée de la richesse de la nature et ravie de cet intermède sensoriel et savoureux. Et ne peux que vous encourager à faire un tour au Monastère de Solan, si le cœur vous en dit.

Makinadjian 27 août 2017

Hummm ca donne envie ton séjour à Solan ! L endroit a l air magique et les concepts de permaculture, de vivre avec les ressources du lieu en harmonie avec la nature forcément c est séduisant ! Une très bonne idée ces vacances déconnexion boulot -connexion nature & gourmandises !

    wpapilles 27 août 2017

    Merci Nath, c’était top oui, une très belle expérience que je recommande chaudement et que je pense renouveler l’année prochaine !! Bises

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