Activité manuelle - Art thérapie - Créativité

S'apaiser grâce à une activité manuelle

Tout bien ressenti

Mettre les mains dedans…

C’est une évidence pour certains, une découverte pour d’autres, et un rappel utile pour tous, a fortiori dans les périodes troubles : s’adonner à une activité manuelle fait du bien.  Peinture, dessin, mais aussi bricolage, jardinage, couture et bien sûr cuisine, toutes ces activités ont en commun de nous ressourcer. Elles nous permettent de débrancher le cerveau, d’arrêter note petit vélo intérieur et de nous reconnecter à l’instant présent. Plus encore que le sport ou la lecture, occuper ses mains, être dans le contact de la matière est régénérant. Pour le sociologue Jean-Claude Kaufmann, « le plus fort de la thérapie est même dans la régression infantile, quand on est plus que ses mains, vivre par le contact avec les matières et retrouver le plaisir plein de la prime enfance ».

C’est ainsi que dimanche dernier, j’ai ressorti spontanément mes crayons de couleur et mes tubes de peinture acrylique. Cela faisait presqu’un an que cela ne m’était pas arrivé, chez moi en tout cas, non pas que je n’en aurais pas eu besoin mais la flemme, la routine ou tout autre fausse excuse m’en avaient dissuadée. Pourtant, je vous assure, il n’y a vraiment pas besoin de savoir dessiner. Juste oser se lancer, s’octroyer un temps pour soi et mettre en place les conditions favorables (sortir mon matériel et préparer un thé et de la musique pour ce qui me concerne). S’en est suivi un sentiment de calme et de bien-être intense. Se poser et appuyer sur pause, prendre un temps pour soi et lâcher avec l’objectif de résultat pour faire confiance à ce qui vient, sans jugement et sans attente particulière est éminemment salvateur. L’activité manuelle invite à naviguer entre les deux registres de l’attention : attention focalisée au moment où l’on se concentre sur l’objet à reproduire (le dessin de l’orchidée dans mon cas) et attention ouverte et élargie lorsqu’il s’agit d’abandonner cette tâche cognitive pour laisser libre cours à sa créativité et y apporter les touches de couleurs. Et pendant ce temps, les minutes s’égrènent sans qu’on s’en aperçoive. Magie du ralenti et de ce temps « plein » et habité qu’on ne voit pas passer.

Et se laisser toucher par ce qui advient

L’activité manuelle est une forme de méditation, qui permet d’activer ce qu’on appelle le réseau cérébral par défaut (plus d’infos dans cet excellent article du Monde « Que fait le cerveau quand il ne fait rien ? »), ces zones qui fonctionnent quand nous sommes dans la non-action, lorsque nous ne sommes pas focalisés sur le monde extérieur et que notre cerveau est au repos, mais actif, juste éveillé et présent. Comparable au ralenti d’un moteur, cet état intermédiaire entre l’action et le repos est propice à l’introspection, et permet au cerveau de traiter les expériences qu’on vient de vivre, de leur donner une valeur émotionnelle ou morale. C’est l’occasion de faire une pause, d’entrer en contact avec son émotion et de laisser le sens émerger. Tout l’enjeu est dès lors de laisser le geste se dérouler sans tenter de le brimer, de l’anticiper ni même de l’expliquer. Prendre le temps de dessiner, de cuisiner ou de créer invite à entrer en connexion avec sa production, à se laisser toucher par elle et à lui permettre de résonner en nous. L’élaboration se fait pas à pas, et le langage métaphorique permet de figurer, de représenter voire de dire l’indicible. C’est le fameux processus de symbolisation, dont l’immense mérite est de nous permettre de prendre conscience de notre émotion, de se l’approprier et de poursuivre notre processus d’évolution intérieure. Toucher du doigt ce qui nous touche et poser une 1ère pierre pour voir les choses différemment, et peut-être les transformer. Séparer les orchidées et visualiser l’une d’elles en miettes s’est imposé à moi, sans préméditation, sans interférence de mon mental, et cela fait véritablement sens pour moi, au-delà de l’effet apaisant.

Alors, à vos pinceaux et vos crayons, je suis convaincue que cela va vous faire le plus grand bien !

Interroger sa relation à la cuisine pour mieux se connaître ?

Cuisiner, un acte banal ? Peut-être mais aussi une occasion de mieux se connaître !