contrôler son poids - syndrome de la balance - silhouette

Contrôler son poids, une chimère ?

Réflexions culinaires

Je lisais récemment avec délectation La gourmandise ne fait pas grossir, que vient de sortir Ariane Grumbach, une diététicienne goumande qui « veut en finir avec les angoisses liées à la nourriture ». Je vous recommande d’ailleurs chaudement ce livre : présenté sous forme d’abécédaire, il permet d’interroger son rapport à l’alimentation en fonction des mots qui nous appellent (buffet, kilos, émotions, gluten, super aliments, régimes…) afin de retrouver une relation apaisée avec la nourriture. Serein, décomplexant et très inspirant, en plus d’être facile à lire, ce qui ne gâche rien !

On ne choisit pas son poids !

C’est en lisant ce livre que j’ai pris conscience de quelque chose d’évident mais sur lequel je ne m’étais jamais interrogée jusque-là. A propos de la silhouette, Ariane nous met en garde contre un malentendu fréquent : « on a l’impression qu’on peut davantage choisir son poids que sa taille ou la couleur de ses yeux ! ». C’est en effet une erreur de considérer que l’on peut contrôler son poids, car c’est oublier que rentrent en ligne de compte des éléments qui relèvent de notre patrimoine génétique comme notre morphologie ou encore notre métabolisme (comment notre corps consomme l’énergie qu’il absorbe en mangeant). Et pourtant, on a trop souvent la conviction qu’on peut maîtriser cette donnée (le poids), alors que paradoxalement, on arrive (l’âge aidant) à accepter nos cheveux raides, des pommettes saillantes ou encore un nez rebondi. On apprend à faire avec nos imperfections, voire même à les assumer pleinement comme des marqueurs de notre identité.

Avec le poids, rien de tout cela… Même si ce n’est (heureusement) pas un combat pour tout le monde, c’est en tout cas une préoccupation essentielle, lancinante, ininterrompue, douloureuse (rayez la mention inutile) pour beaucoup d’entre nous.

Silhouette et insatisfactions

Evidemment, les causes de nos insatisfactions corporelles sont multiples et variées, elles trouvent leurs origines :

  • dans un idéal de minceur auquel on aimerait se conformer, merci les médias qui nous font croire qu’on peut toutes ressembler aux beautés sylphides des magazines,
  • dans des commentaires sur le poids qu’on a pu entendre enfant (voir notamment cette étude qui montre que les fillettes ayant eu des commentaires sur leur poids seraient plus insatisfaites de leur apparence à l’âge adulte),
  • dans nos croyances pour retrouver coûte que coûte un certain poids parce qu’il est le témoin d’une période heureuse et d’un âge d’or révolu ou au contraire le bénéfice (la contrepartie) d’une expérience douloureuse,
  • dans une partie de notre corps, tant nous avons souvent tendance à morceler notre silhouette, à ne voir que ce qui nous déplaît plutôt que d’avoir une vision globale et bienveillante dans notre miroir….

Parce que le poids est devenu un combat et nos insatisfactions corporelles des batailles à livrer, « on décide souvent de contraindre la nature car on pense qu’on peut maîtriser notre poids ». Ce qu’on peut arriver à faire, temporairement du moins ou au prix de restrictions difficiles à tenir dans la durée et en se privant des plaisirs de table.

De l’importance de lâcher prise

Prendre conscience de cette erreur qui consiste à croire qu’on peut maîtriser son poids mieux qu’on ne décide des autres données génétiques (la couleur de ses yeux ou de ses cheveux, sa taille…), c’est faire preuve d’humilité (abandonner le syndrome de toute puissance et accepter que je ne peux pas tout contrôler) et au final s’autoriser à lâcher prise. Et surtout arrêter de courir après un chiffre sur la balance (d’autant que le chiffre en lui-même ne signifie rien, on peut peser plus lourd et se sentir mieux dans son corps car plus musclé et plus tonique) ou une taille de vêtement. A ce sujet, je vous invite à lire :

Lâcher prise ne veut évidemment pas dire faire n’importe quoi, mais plutôt écouter ses sensations alimentaires et respecter sa faim et sa satiété pour parvenir à son poids d’équilibre, celui qui est fait pour vous et est fonction de votre morphologie et de votre métabolisme. Ce n’est ni rester passif, ni baisser les bras. C’est faire avec, plutôt que faire contre. Arrêter de gérer, surveiller, contrôler, monitorer son poids et accueillir ce qui est, plutôt que lutter contre ce qui n’est plus ou ce qu’on voudrait qu’il soit. Accepter de ne pas faire de son poids et de sa silhouette le baromètre de son humeur et le régenteur de de nos moments de convivialité et de gourmandise.  Lâcher prise en somme, pour peut-être lâcher du lest d’ailleurs !

A toutes fins utiles, je vous invite à aller zieuter ce que font nos cousins Canadiens avec l’opération “Le poids ? Sans commentaire !“. Plein de belles idées qu’il serait bienvenu de mettre en place chez nous aussi.

Crédit photo : www.e-pesage.com

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