Grain de sel #83 - Cuisine Thérapie

Grain de sel #83

Grain de sel

Ups

  • Pour lutter contre la malbouffe et l’obésité, de plus en plus de voix défendent l’idée d’instaurer des cours de cuisine obligatoires à l’école. En complément des classes de goût qui sensibilisent déjà au primaire, l’objectif serait de rétablir une “culture culinaire” au collège prioritairement, à l’âge où l’enfant apprend l’autonomie et où les comportements s’installent. Evidemment, je trouve que c’est une bonne idée pour tous ceux pour n’ont pas eu de transmission familiale et qui ont désappris à cuisiner. Des expériences pilotes sont en cours pour apprendre à cuisiner quelques recettes mais aussi à faire des courses et à budgétiser, à décrypter la publicité sur les produits. Bref, tout un parcours d’éducation à l’alimentation pour armer le futur consommateur-citoyen !

 

  • La recherche sur le rôle du microbiote et son influence sur nos comportements en est à ses balbutiements, mais tout cela a l’air passionnant et prometteur ! Des liens ont d’ores et déjà été établis entre les perturbations de cette flore intestinale et des troubles psychiatriques comme l’anxiété, la dépression, les troubles bipolaires, la schizophrénie ou encore l’autisme. ” C’est ton estomac qui parle” ou comment le microbiote intestinal dicte notre humeur et nos comportements !

 

  • Un article empreint de jeux de mots et de réflexions sur les saisons et le temps que l’on mange, écrit par Eric Roux de l’Observatoire des Cuisines Populaires. Saisons variables (“chaque année, la saison se forme comme un soufflet d’accordéon, se rétractant ou s’étendant sans que nous puissions en prévoir les mouvements”), hors saison, pleine saison et tentatives de s’affranchir du temps qui passe avec les fermentations, les mises en conserves et toutes ces techniques qui visent à déguster les produits de saison plus longtemps, locavorisme… Une réflexion intéressante sur les saisons, qui sont un joli symbole de l’impermanence des choses 🙂

 

Downs

  • Un article qui m’a hérissée, comme d’habitude lorsqu’on parle de nourriture du futur ! Voici donc une innovation de plus, dans la droite ligne des repas à boire Soylent qui existent depuis 2013 aux Etats-Unis : Feed, “la nourriture intelligente destinée aux individus productifs” et à ceux qui n’ont plus le temps de cuisiner. Bref, le repas en poudre pour citadin stressé. L’idée a été reprise par un ancien juriste français en 2016 (qui a quand même réussi à lever 500 000€ de fonds en février dernier). Au passage, le nom de la start-up en dit long : il s’agit moins de se faire plaisir que de se nourrir… mais bien plus sainement que ne le permettaient ses concurrents américains : “Soylent était un produit très chimique, qui n’avait rien de naturel. La marque-même s’en vantait, faisant de l’utilisation des OGM un argument futuriste”. Pour la somme de 2,50€, la bouteille Feed apporte les équivalents nutritionnels d’un repas d’environ 650 calories. Moi, ça me donne juste envie de fuir !

 

 

  • Une nouvelle tendance se développe en ce moment au sein du salariat, les “no lunch” : on ne déjeune plus, ou alors si mal et si vite, devant son ordinateur. Aux Etats-Unis, on appelle ça le “desktop lunch”, le déjeuner englouti vissé à son siège et 65% des Américains le pratiqueraient. Ces ascètes du midi ont en commun de ne plus compter leurs heures. Bonjour les dégâts et l’ambiance de travail, si l’on en croit ce témoignage glaçant : “Même dans les rushs, je vais manger mon sandwich dans ma voiture, pour fuir cet univers carcéral…» Mais dans quel monde vit-on ?!

 

La photo, c’est une assiette végétarienne d’artichauts farcis dégustée chez Ikio dans le 9ème. Un déjeuner savoureux à petit prix, en très bonne compagnie, que demander de plus ?! 

 

 

 

 

Interroger sa relation à la cuisine pour mieux se connaître ?

Cuisiner, un acte banal ? Peut-être mais aussi une occasion de mieux se connaître !