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Grain de sel #72

Grain de sel

Ups

  • Un article intéressant car il émane du cofondateur du Food 2.0 Lab, le biophysicien Christophe Lavelle qui ne se lasse pas d’explorer les saveurs et les textures, de manière scientifique bien sûr mais aussi plus instinctive. Voici sa définition de la cuisine, “une transformation de la matière, dans laquelle il y a des choses qu’on maîtrise, et d’autres qui nous échappent complètement, que l’on fait par instinct ou par hasard.” Rassurant de savoir qu’au-delà de son “goût pour les molécules et les sciences « dures »” il est aussi “amateur d’histoires… surtout celles qui se mangent” et friand d’improvisation en cuisine !
  • Un article qui pose une réelle difficulté quand on reçoit à dîner : trouver le dessert qui permettra de “contenter les allergiques, les veggies, les adeptes du « sans » en tout genre”. Plutôt qu’avoir recours aux créations pâtissières (très chères) du commerce, la solution est de proposer le dessert modulable, en kit. Il peut prendre la forme d’un assortiment proposé au centre de la table, ou encore de ­desserts dressés au dernier moment à l’assiette. L’avantage de ces micro-bouchées gourmandes, c’est qu’elles permettent de savourer bien sûr et de manger ce qui nous fait réellement envie. Mais quand même, vive “la gourmandise primitive et réconfortante des enfants”, qui se font plaisir sans se poser toutes ces questions !
  • L’agriculture bio est de plus en plus confrontée à un foisonnement de nouveaux labels. A tel point que certains consommateurs deviennent fétichistes du label. Et si cette offre pléthorique était plutôt l’occasion d’interroger les valeurs qui nous font acheter bio et d’aller vers une “consommation réflexive, allant au-delà d’un achat un peu automatique de la bio pour la bio” ?. Belle suggestion, non ?

 

Downs

  • Il semblerait que soit sur le point de se développer un nouveau métier de service en France, celui de boucher de fruits et légumes, capable de vous préparer et de vous donner des aliments prêts à consommer. Indéniable gain de temps pour consommateurs pressés. Au-delà de l’augmentation du prix (du fait de l’effet TVA qui passerait de 5.5 à 20%), de la baisse de la qualité nutritionnelle (des fruits et légumes découpés à l’avance), se pose aussi la question de la perte du plaisir d’éplucher et de découper soi-même, non ?!
  • L’intelligence artificielle s’invite dans nos assiettes. Décomposition du goût, associations de saveurs, recommandations personnalisées… chercheurs et entreprises utilisent les technologies d’intelligence artificielle pour réinventer notre alimentation, molécules d’arômes et algorithme à l’appui. Et moi je reste persuadée que les chefs n’ont pas besoin d’intelligence artificielle pour être créatifs en cuisine !
  • Le nouveau logo nutritionnel a été dévoilé la semaine dernière. Il permettra de juger en un coup d’œil (avec un code couleurs) quels sont les produits riches en gras, en sel et en sucre. Mis en place en avril, il a le défaut d’être facultatif pour les industriels, qui seront libres de l’apposer sur leurs produits. La question est aussi de savoir si un code couleurs est stigmatisant ou pédagogique. Au-delà, il me semble qu’on n’a pas fini de manger avec sa tête avec ce genre de logo qui nous dira quoi manger.

 

La photo, c’est une aubergine farcie (et quelques “tapas” originales en entrée, sans compter un pain au fromage délicieux) dégustée chez Colchide dans le 18ème. Ou comment découvrir une cuisine Georgienne simple, savoureuse et généreuse en bonne compagnie et à prix très modérés 🙂 

Interroger sa relation à la cuisine pour mieux se connaître ?

Cuisiner, un acte banal ? Peut-être mais aussi une occasion de mieux se connaître !