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De la difficulté à s’exposer !

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Vous avez peut-être noté une nouveauté sur les réseaux sociaux si vous suivez Papilles Créatives ? L’apparition de petites séquences vidéos pour expliquer en images comment se passe un atelier ou s’il y a besoin de savoir cuisiner pour participer à une séance Papilles Créatives, entre autres. Entre autres, car il est prévu d’autres vidéos dans les semaines qui viennent,  pour imager les questions les plus fréquentes qui se posent sur ces ateliers culinaires d’un nouveau genre.

Alléluia !

Je vais vous faire une confidence : vous n’imaginez pas l’effort que la création de ces vidéos m’a demandé ! Pas tant sur le plan technique bien sûr (j’ai conscience que ces vidéos sont largement optimisables et merci d’ailleurs à tous ceux qui m’ont déjà fait part de leurs retours !) mais sur le plan personnel. Cette désagréable impression de me mettre en avant, de tirer la couverture à moi cumulée avec la peur de m’imposer et de lasser mes auditeurs (cette même inquiétude qui me fait toujours craindre par exemple de mettre trop de publications sur Facebook et d’ennuyer ou saturer les gens qui suivent l’actualité de la page). Je me rends bien compte qu’il s’agit d’une croyance limitante. Et qui plus est, complètement inefficace. Ce sont en effet les formats vidéo qui sont les plus percutants, ceux qui drainent le plus de vues sur les réseaux sociaux. Et après tout, chacun est libre de visionner les vidéos et de s’attarder ou non sur telle ou telle publication.

Seulement voilà, cette croyance est profondément ancrée en moi. Sans nul doute en lien avec le fait que j’ai une sœur jumelle et que j’appartiens à une grande fratrie, trouver ma place n’a jamais été facile ou évident pour moi. Questionnement existentiel s’il en est, que j’ai exploré via de multiples expériences (dont le horse coaching que je vous recommande d’ailleurs chaudement) et qui me suit depuis toujours. Ceci étant posé, j’ai dès le démarrage de Papilles Créatives pris conscience que, autant avec ma précédente création d’entreprise (une boutique de décoration et d’artisanat asiatique sur Paris), je pouvais me contenter d’attendre que le chaland entre, autant avec Papilles Créatives, j’allais être obligée de parler de moi (et pas seulement des produits en vente dans la boutique), d’expliquer le concept pour développer la notoriété de la marque. Et donc, contrainte de braquer, dans une certaine mesure, les projecteurs sur moi.

Oser se démarquer versus les vicissitudes de ma voix intérieure

J’ajoute que ceci n’a absolument rien à voir avec un problème de confiance en moi ou de légitimité. Il s’agit bien de la question d’oser, de faire ce pas en avant qui me fait sortir du lot. C’est tellement plus facile pour moi de rester planquée derrière mon micro à écrire des articles de blog. Ce qui ne veut pas dire que je  ne prends pas énormément de plaisir à parler de Papilles Créatives. D’ailleurs, quand on me tend le micro, je le prends avec facilité et sans aucun stress, en me sentant légitime à parler de mon concept et de ce que la cuisine thérapie peut apporter ! Mais c’est une autre histoire quand il s’agit de le faire spontanément, y compris dans un événement conçu spécifiquement pour faire du réseau.  Cette croyance est vraiment limitante, dans la mesure où elle m’empêche littéralement d’avancer, d’assumer ma différence et ma spécificité.

Cette opinion est bien sûr alimentée et encouragée par une voix intérieure, ce corbeau critique qui passe son temps à me souffler à l’oreille que je tire la couverture à moi. Voix que j’essaie bien sûr de faire taire. Et c’est un vrai challenge : je le sais depuis le début de l’aventure Papilles Créatives, mon point d’amélioration réside dans ma capacité à me sentir OK avec le fait de me mettre en avant. C’est la raison d’être qui justifie cette création d’entreprise, sur le plan de mon développement personnel. Alors bien sûr, je peux d’ores et déjà me féliciter de certaines avancées (prendre la parole et interagir sur les réseaux sociaux, faire des communiqués de presse pour entrer en contact avec des journalistes, sortir un livre) ! Mais j’ai la sensation que la vidéo auto-produite, c’est le dernier bastion à faire tomber pour accepter de m’exposer.

Ma solution pour dépasser ce blocage ?

Pour y arriver, je me suis une nouvelle fois entourée d’un coach intraitable, un ami très proche qui m’a « marquée à la culotte » jusqu’à ce que la vidéo soit faite et diffusée, et s’est montré inflexible sur mes tentatives pour contourner l’obstacle (« je n’ai pas le temps cet après-midi, promis je le fais avant le 31 janvier, je ne suis pas maquillée aujourd’hui »… !). Une nouvelle fois, car j’avais déjà ressenti cette nécessité au démarrage de Papilles Créatives pour ne pas rester retranchée chez moi. Je m’engageais alors vis-à-vis d’une amie à mettre en œuvre les actions de mon plan de communication. Dans un cas comme dans l’autre, il s’agit bien évidemment de quelqu’un d’ultra-bienveillant et en qui j’ai toute confiance.

Et je ne saurais que trop vous conseiller de faire pareil : quand vous sentez qu’un sujet est délicat et vous donne envie de procrastiner, faites appel à quelqu’un qui saura vous encourager (le Parent nourricier et bienveillant tel que le décrit l’Analyse Transactionnelle) mais aussi vous fixer des échéances (le non moins fameux Parent contrôlant et normatif, celui qui fixe des règles et se montrer éventuellement critique). S’engager vis-à-vis de quelqu’un qui compte pour soi, je n’ai rien trouvé de mieux pour dépasser mes blocages. Un vieux reste de « recherche de la carotte et peur du bâton » sans doute. Et, figurez-vous que la deuxième vidéo a été beaucoup moins difficile à poster (tout comme le pli pour le plan d’actions commerciales avait été pris relativement rapidement, libérant ma coach d’un suivi rapproché). Alors après avoir définitivement trouvé ma place avec Papilles Créatives, il ne me reste plus qu’à la prendre, qu’à déployer mes ailes sans crainte de léser ou faire du tort à quelqu’un. Y’a plus qu’à comme on dit !

 

PS : Je mesure à quel point me dévoiler dans cet article (par écrit donc) peut sembler paradoxal étant donné ma difficulté à m’exposer et me donner à voir via une vidéo. J’ai la conviction que partager cette croyance limitante peut m’aider à la dépasser. C’est vrai aussi que me raconter à l’écrit ne me pose pas (plus) tellement de souci et est le fruit d’un long cheminement… Me montrer, sortir du lot, c’est une autre histoire par contre, vous l’aurez compris ! Bref, je me rassure en me disant qu’on a chacun ses fragilités !

 

Crédit Photo : http://www.lescurieuses.net/

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